Interviews données par Arnaud Dumond


INFOS-REPORTAGES
INTERVIEW à la une d'INFOS-REPORTAGES
À la rencontre d’Arnaud Dumond
le 10 mai 2012

> Lors du Festival Villennes sur Scène Acte IV, le guitariste et compositeur Arnaud Dumond nous parle de son parcours professionnel.
Musique. Pour le dernier jour du quatrième festival Yvelinois, le guitariste-compositeur joue en duo avec la guitariste Sarah Dumond et l’actrice Marie-Christine Barrault pour la lecture de « La Femme abandonnée » d’Honoré de Balzac.

– Arnaud Dumond pouvez-vous nous évoquer en quelques dates-clés votre parcours ?

Je commence à pianoter assez régulièrement en autodidacte vers l’âge de 9 ans. Puis premiers cours de guitare vers 11 ans : flamenco avec Hervé Deslongchamps dit « Hugo Pamcos », et classique avec Ramon Cueto puis Lily Wacrenier, élève d’Emilio Pujol.
En 1968, entrée à l’École Normale de Musique de Paris dans la classe d’Alberto Ponce. J’en ressors trois ans plus tard avec une Licence de concert de l’École Normale de Musique de Paris, obtenue à l’unanimité et le maximum de points. Cela m’encourage à me présenter « à l’International » ! Je me donne parallèlement à la « composition », pour guitare ou piano. L’été, je participe à des stages avec John Williams, Narciso Yépes, Joseph Urshalmi.

- Nous avons retrouvé la liste de vos différents Prix internationaux :
1970, Prix de Composition à Radio-France avec Rhapsodie diabolique.
1972, 2nd Prix d’Interprétation du Concours International de guitare de Radio-France.
1973, 1er Prix d’Interprétation du Concours International de guitare de Radio-France. Vous devenez alors le premier guitariste français à emporter ce prestigieux concours depuis sa fondation.
1975, Prix au Concours des Jeunesses Musicales Internationales de Belgrade.
1978, 3ème Prix et Prix du Public du « Concours International GAUDEAMUS » (Rotterdam/Amsterdam). Encore une première puisque vous êtes le premier guitariste à parvenir en finale depuis la fondation de ce concours ouvert à tous les instruments dans le répertoire de la musique contemporaine.
1982, 1er nommé du « Tokyo Original Concert pour Interprètes-compositeurs », avec l’œuvre Médée Midi Désert pour flûte à bec et guitare. Concours rassemblant toutes les formations, du solo à l’orchestre.

- Avez-vous d’autres dates à rajouter ?
1975, sortie de mon premier album, Sonates romantiques pour guitare.
1978-1979, sortie de mon deuxième et troisième album, Musique de la Renaissance (avec tablatures incorporées) et Musique d’Amérique Latine.
1980, sortie de mon premier CD chez Verany.
Suivent depuis des tournées dans le monde entier (plus de soixante pays, trois tournées en Russie, aux États-Unis etc.) concerts et master-classes, ainsi que de nombreux enregistrements de disques, notamment en duos jusqu’à aujourd’hui.
2002, au Grand Théâtre de Genève je joue la Sequenza pour guitare de Luciano Berio en présence du compositeur.

- Et en tant que compositeur ?
Depuis les années 80, je mène parallèlement une activité de compositeur pour chœur, puis orchestre, musique de chambre, en répondant à des commandes et des résidences de compositeurs.
1999, création de ma Messe in terra pax par le « Chœur Bulgare de Plovdiv » à l’église de Saint Taurin d’Évreux.
2001, création de mon concerto L’arbre aux aurores pour guitare et orchestre.
2006, création de mon premier requiem Requin-Requiem.
2012, création à Paris à l’Église de la Madeleine du Requiem de la Nativité les 16 juin, 11 octobre et 18 décembre.

- Quelle a été votre première inspiration pour devenir musicien ?
Mes premiers « coups de cœur » : la 5ème Symphonie de Beethoven et Le Beau Danube Bleu de Johann Strauss, vers 12-13 ans.
En tant qu’apprenti-compositeur, j’intitulais ma première pièce pour piano The flood of Venice (L’inondation de Venise) vers l’âge de 12 ans : j’avais été impressionné par cette catastrophe à l’époque. De même, je découvrais l’existence de la Shoah en écoutant à la radio la voix prenante d’Elie Wiesel. Je mettais aussi de la musique sur des poèmes de Hugo. La composition commença pour moi comme une réaction à l’actualité ou à l’Histoire. Toutes mes pièces importantes seront d’ailleurs marquées par ce comportement singulier : l’art comme réaction au monde, déprimée ou révoltée …

- D’après vous qu’est-ce qui vous différencie des autres guitaristes ?
Comme tout le monde j’ai connu différentes périodes, l’une chassant l’autre mais imperceptiblement, tout en restant moi-même finalement : une sorte de synthèse s’est faite malgré moi, puis consciemment.
Des caractéristiques ? Sans doute un mélange de liberté affirmée avec le texte musical, couplée à une exigence absolue d’intelligibilité, la liberté étant la condition de l’intelligibilité, en quelque sorte. Je dirais que si l’interprète n’est pas à fond DANS sa musique, il la trahit. La neutralité est pour moi une trahison, et de soi-même, et de la musique.
J’utilise donc tous les moyens à ma portée, en prétendant que la technique est d’abord l’oreille et ce que l’on a envie d’entendre. C’est la musicalité qui forge une technique, non l’inverse. Alors c’est au tour de la technique de générer elle-même ses moyens, ses outils tout en restant à l’écoute du projet et du désir musical. Toute phrase musicale, tout contrepoint, tout enchaînement harmonique doit être VIVANT, engagé, revendiqué, même le plus finement : l’élégance, la grâce, l’aisance, sont aussi des engagements. Tout comme la force ou la puissance. Si cet ensemble de conscience/sensation/sentiment n’est pas en nous, c’est « la langue de bois » qui prend le dessus. Le sens et l’authenticité nous échappent alors. J’ajoute mon besoin dans toute musique d’une dramaturgie bien construite. C’est pourquoi les musiques improvisées, tout en me fascinant souvent, me laissent sur ma faim quant à la composition : il me faut un début, un corps, une fin : un destin !

- Vous avez joué ce soir en clôture du festival Villennes sur Scène Acte IV , à l’Espace des Arts, en duo avec la guitariste/chanteuse Sarah Dumond et Marie-Christine Barrault : qu’attendiez-vous de cette soirée ?
Une telle soirée autour de textes enrobés par nos guitares, de la voix de Sarah aussi, où musique voix et littérature s’inspirent mutuellement, correspond exactement à mon rêve de jeunesse : mêler intimement littérature et musique. D’où mon bonheur de côtoyer la généreuse exigence de Marie-Christine Barrault, avec qui j’ai déjà joué plusieurs fois ces dernières années, autour de répertoires que nous construisons toujours ensemble, avec un appétit commun pour la chose poétique. Marie-Christine Barrault est une femme d’esprit et d’appétit : peu de choses la laissent indifférente.

- Quelle sensation aimez-vous produire lorsque vous jouez sur scène ?
Créer des bulles de sons pour une magie spatiale, magnifier l’espace et le temps, ou produire une violence maîtrisée, ou encore, pour la musique plus traditionnelle, lancer des phrases admirablement construites et dites. Enfin … Quand j’y arrive !

- Quelle vision portez-vous sur la scène musicale française ?
Je me tiens informé des nouveautés par curiosité, et parce que j’aime bien savoir ce qui meut les gens à certaines époques. Quitte à réagir pour ou contre : toute production musicale me stimule en tant que compositeur autant qu’interprète. Une œuvre réussie est toujours un mystère à percer, une œuvre ratée aussi : il y a des leçons à prendre ici comme là. Donc ouvrir l’oreille et essayer de comprendre comment, pourquoi certains musiciens parlent, tandis que d’autres récitent …

- Quelles sont vos prochaines actualités en 2013 ?
Comme chaque année, des tournées en France et à l’étranger. Et puis la reprise au mois de mai de mon Requiem de la Nativité en Normandie, à Évreux et à Rouen. D’autres disques aussi. Je prépare aussi une nouvelle grosse œuvre, une Passion. Revue et corrigée …

- Votre plus grande peur lorsque vous jouez sur scène ?
Le blanc, le trou, le rien à dire. C’est pourquoi il importe de se préparer dans les moindres détails, mais aussi de se « vider » de tout ce qui n’est pas désir de jouer, de donner. Penser aussi à la chance, au privilège d’être écouté. C’est une chance que nous devons aux autres et à nous-mêmes. Ne pas oublier d’avoir peur « avant », comme la preuve que cet acte de jouer est tout sauf banal. Mais une fois posé le pied sur la scène il faut que la peur se transforme d’un coup en amour : pour la musique que vous jouez, pour ceux qui vous écoutent, pour la vie qui coule partout. Alors dépasser la peur, l’indifférence, l’inattention, l’à-quoi-bon, le sentiment d’être une goutte d’eau dans l’océan … Par l’amour. Aimer ce que l’on fait, certes, mais peu à peu aimer ceux qui vous écoutent. Ne pas se laisser piéger par le jugement d’autrui, se risquer soi-même, jusqu’à la sérénité.

- Un conseil à prodiguer à toute personne qui aimerait s’investir tout comme vous ?
Écouter, travailler, réécouter et retravailler ! Toujours relié au plaisir des doigts, de l’émotion, de l’intellect. La musique est une grande thérapie ! Elle se doit d’être perçue tantôt comme un langage, tantôt comme un mystère qui agit sans les mots, même dans les chansons. La musique chante ce que l’on ne peut dire ou articuler. C’est pourquoi elle continue de franchir les siècles et les pays, comme si les milliards d’auditeurs que nous sommes continuaient de parler en elle, grâce à elle, individuellement !
Propos recueillis par B. Rémon / J. Tessier


INTEGRAL CLASSIC NEWS
INTERVIEW dans "INTEGRAL NEWS"
à propos des 9 CDs d’A.DUMOND
représentés par INTEGRAL Classic

> INTEGRAL News:
- Arnaud Dumond, dans quelles conditions êtes-vous venu à la musique ?
A partir de l’âge de 10 ans j’aimais m’isoler dans la musique.

- Y-aurait-il un rapport profond entre soliste et solitude ?
J’ai débuté la guitare par le flamenco mais il y avait aussi un piano droit à la maison, et je passais souvent des heures à faire résonner ses touches, sans connaître rien à la musique écrite. Ce fut sans doute ma découverte du son, et surtout du silence. Le silence est la scène mentale du musicien, il s’avance dessus… Il y avait aussi des disques de musique classique et contemporaine. Une de mes tantes était en effet mariée au compositeur russe Nabokov, ami de Stravinsky, Prokoviev et autres, d’où un stock de disques et partitions qui passait de famille à famille. Pendant toutes ces années j’ai écouté presque systématiquement tout ce stock, de Palestrina à Xenakis, même ce que je n’aimais pas particulièrement : je voulais tout entendre !

- Vous êtes compositeur, producteur et interprète, souvent de vos propres œuvres. Cette triple casquette vous pose-t-elle des problèmes dans la gestion de votre vie musicale ?
Je crois qu’on souhaite le moins d’intermédiaire possible entre soi et l’auditeur. De plus j’ai souvent été déçu par les producteurs, qui ne remplissent pas assez leur fonction de conseil. Ils produisent, mais ils ne construisent pas. Est-ce trop leur demander ? Peut-être. C’est très dommage, en tous cas, car les artistes ont vraiment besoin d’un regard bienveillant mais également avisé sur les chemins pris. Ils ont besoin d'une distance lucide, non d'une indifférence de trésorier.

- N’aimeriez-vous pas écrire pour un autre instrument que le vôtre ? pour orchestre par exemple, pour un trio ou pour un autre instrument soliste ?
Non seulement je l’ai déjà fait, mais je désirerais le faire bien d’avantage. J’ai besoin pour cela d’être sûr d’être joué, et bien joué. Ce n’est pas le désir qui manque, mais les occasions, les commandes, et le sentiment que l’on compte sur vous. Je ne peux pas écrire pour le tiroir. Il faut que la passion rencontre le désir ! Alors peut-on décider de s’investir, et avoir le courage d’écarter des occasions plus opportunistes ou plus rentables, mais moins profondément prioritaire. Je m'y mets d'ailleurs dés cette année, à l'occasion de résidences de compositeur.

- Vous avez enregistré beaucoup de disques en “solo”. Est-ce par choix ?
Erreur ! La moitié de ma production comporte des disques avec d’autres musiciens.

- Avez-vous une volonté d’enregistrer dans le futur avec différentes formations musicales ?
Et je compte continuer dans ce sens.

- Si vous aviez la possibilité de réaliser le programme de votre récital idéal, quel serait-il ?
De la Renaissance à nos jours, comme je l’ai souvent fait. C’est à dire le même sentiment (le même instrument !) traduit sous différentes formes à travers l’Histoire. Cette permanence des passions et des formes fondamentales (puisqu’en art, la forme est le fond !), mais sous diverses apparences, me fascine toujours.

- Quels sont les musiciens avec lesquels vous aimeriez jouer et/ou enregistrer aujourd’hui ?
J’aime beaucoup la clarinette, le seul instrument à vent qui puisse jouer piano à côté d’une guitare! Michel Portal, un rêve ? J’aimerais aussi faire un programme avec la voix (musique espagnole, ou Schubert), un autre avec des comédiens en tous cas des musiciens qui sache parler en musique. A cet égard mon nouveau partenariat avec le violoniste Patrick Bismuth me remplit de bonheur (il faut écouter ses exceptionnels enregistrements des partitas de Bach, ou d’Enesco).

- Quels sont vos projets de disques et de concerts pour l’année à venir ?
Je travaille à deux compositions d’envergure : un Requiem, et une Passion, pour chœur, solistes et orchestre. Pour marier paroles et musique a t’on trouvé mieux que les formes religieuses comme constructions dramaturgiques, hormis certains opéras, ou la chanson à texte (mais qui n’est pas mon domaine !) ? Pour ce qui est de la guitare je ne souhaite pas nécessairement en rajouter (une vingtaine de disques en 25 ans). Un disque de choix d’œuvres de Bach, certainement. Peut-être Dowland ou Villa-Lobos. En tous cas avec une priorité donnée sur la créativité interprétatrice, quelque chose de profondément personnel: à quoi bon autrement ? On croule sous la production de disques, non ? Jouer quand on ne peut plus faire autrement, ce serait l’objectif.

- La critique vous touche-t-elle beaucoup ?
Entre le compte-rendu trop général et le texte de (bon ou mauvais) caractère, il devrait y avoir la place pour des gens qui savent apprendre à écouter ce que vous n’avez pas entendu. Alors cette critique là me toucherait, car elle serait un additif à l’œuvre. Une fois, un organisateur à qui j’envoyais un de mes premiers disques, écarta ma candidature en ces termes : « Je suis désolé mais je ne peux plus écouter que des disques qui m’arrachent des larmes ». Peut-être cet homme déjà âgé avait-il déjà entendu trop de musique, qu’il ne pouvait plus supporter que l’essentiel. En tous cas il marquait là le premier devoir, et la plus haute ambition, de notre activité. Je pense tout à coup à Schubert, plus encore qu'à Chopin.

- Quel regard portez-vous sur Arnaud Dumond compositeur ?
Critique dans le détail (je ne cesse de me corriger), et assez ignorant en tant que vue d’ensemble, car se connaît-on soi-même ? On se fait en faisant, tourné vers l’ouvrage, et, au mieux, les autres vous donnent de vos propres nouvelles ! Je suis donc attentif à ce que disent les gens, pour autant qu’ils me stimulent, en bien ou en mal, en bien si possible ! Pour être franc : j’évite de me regarder dans la glace…Entre l’"à-quoi-bon!" et le "est-ce-bon?", je projette surtout dans l’avenir.

- Quels sont les différentes directions musicales vers lesquelles vous tendez à vous rapprocher le plus ?
De culture très autodidacte au départ, mais d’une curiosité pathologique!, il me faut du temps pour digérer tout ce patrimoine cueilli dans le désordre, à l’opposé d’une éducation construite plus scolaire. Ma tendance principale est donc de m’abreuver à plusieurs sources, comme s’il me fallait tout assumer. Une direction synthétique, donc. Au point que la notion d’unité de style m’est à la fois étrangère, et me semble un peu factice.
Au fond je ne cherche pas à me ressembler mais à me rassembler ! Une autre obsession aussi : que ma musique soit autobiographique, je veux dire qu’elle soit davantage un recueil de moments poétiques (au sens Proustien) plutôt que de musique pure. Une musique au-delà de la musique, donc forcément composite. Le post-modernisme est un destin ! Tout comme le signe du Gémeau ! Une lacune de ma formation : les musiques improvisées. Comme si quelque part, à tort et à raison, je les soupçonnais de « bavardage » (certains jazzs, notamment). Au fond j'aime les discours qui ont à la fois du sens et de l'humanité.
Je ne sais d’où cela vient, mais je place les musiques populaires au plus haut de mon panthéon émotif : le flamenco, bien sûr, mais aussi le tango, les musiques indiennes, balkaniques, roumaines, arabes, juives, brésiliennes, andines etc. Je suis probablement un orientaliste qui s’ignore ! Et les grandes chansons, aussi bien françaises qu’anglo-américaines. Donc, pour moi, la musique classique se doit de témoigner secrètement de cet exil du « pays populaire ». Tout en précisant que je suis d’une extraction platement bourgeoise franco-française, et que la sensation d’un exil géographique m’est parfaitement inconnue.
Non, c’est plutôt la nostalgie inexplicable d’une musique mythique, d’une beauté à la fois raffinée et généreuse. Peut-être parce que les meilleures musiques populaires vont droit au but, comme si l’émotion n’était pas court-cicuitée par le calcul (bien qu’elles soient si sûrement construites). Bien sûr mon propos n’est pas de les reproduire, mais d’en capter la sève, l’esprit, l’énergie, sous une forme « classique », tonale, atonale, bruitiste, peu importe le flacon...


EURE-INTER
A PROPOS de la MESSE IN TERRA PAX
Le Journal d’Evreux

> LE JOURNAL d'EVREUX :
- Arnaud Dumond pourquoi avoir écrit une messe?
Par l'occasion d'un concours international de composition pou polyphonies. Pour les compositeurs dits "classiques" les concours restent une des rares occasions d'être entendus ou distingués (deux parties de cette messe s'y sont vues attribuer les 1er et 2nd prix). Un peu comme dans les concours d'architecture il s'agit souvent de s'exprimer à travers une forme donnée, « pré-contrainte ». Personnellement je trouve cela très stimulant. J'y ai vu aussi l'occasion de me laisser envahir par d'anciennes et poétiques odeurs d'encens et d'enfance. Mon éducation fut religieuse (j'ai même servi la messe!) : sans conscience, mais non sans sensations et sentiments multiples. A 43 ans et athée, ce texte m'a pourtant passionné par sa symbolique et ses répercussions contemporaines. Il n'est aucun "mystère" qui ne m’ait paru ne pouvoir être "transposé" en termes humains et laïques. J'ai donc "traduit" à ma mesure un texte plein d'échos, une histoire pleine de références, humaine, au-delà de tout dogme. Que le texte de la messe soit à la fois en latin et rituélique, dégage une distance entre soi et la réalité révoltante ou merveilleuse qui est sous notre nez, ou telle que nous la pouvons deviner derrière la réduction falsificatrice des médias. C'est donc l'avantage de l'art sur la réalité ou le documentaire, lesquels saisissent à la gorge, empêchent l'émotion de respirer et de trouver ses mots. Et donc de réagir. En somme l'art serait un moyen bien personnel d'opposer une forme à l'informe, une passerelle entre le particulier et le collectif.

- Ainsi on peut être athée et s'exprimer à travers une forme aussi traditionnelle et "typée"?
On peut y trouver toutes sortes de paysages, d'exaltations, d'espoirs, d'angoisses, à la portée de chacun et parlant de tous. Que disent ces symboles ? La Résurrection, la Vie éternelle sont des utopies humaines fort émouvantes. Pensons aussi à l'épisode de l'Annonciation, à celui du "marchandage" du Christ avec son père (s'il est possible que cette coupe s'éloigne de moi...), au "stabat mater", au reniement de Pierre, à la couardise des anciens fidèles, au supplice, etc. Enfin qu'a donc de si incompréhensible, 2000 ans après, le symbole de la virginité de Marie choisissant pour son fils un père plus spirituel que génétique ?

- N'est-ce pas détourner un peu la religion ?
On peut être mystique, c'est à dire attiré par le mystère, les mythes, sans être littéralement religieux. Après tout nous admirons des peintres qui s'exprimaient jadis presque exclusivement à travers des sujets religieux. C'était un passage obligé. Mais ils sentaient bien qu'en décrivant cette Histoire, ils parlaient du monde, y compris d'eux-mêmes. Enfin la religion n'est pas propriété exclusive des religieux. Elle est culture autant que croyance. Musique ou poésie transcendent toute idéologie, débouchent sur la réalité humaine, aux couleurs, aux parfums, aux coutumes de chaque communauté, de chaque religion : c’est à dire ce qui questionne ce qui ne répond pas, tout en s'y sentant relié. Si le penseur ou le savant interroge les réponses, si le pouvoir, religieux ou autre, asservit, drogue, distrait... Le poète ou le musicien, lui, se doit de demeurer dans la vibration des questions, d'où qu'elles viennent.

- Vous avez dédié cette messe à Jacques Gaillot, l'ex-évêque d'Evreux...
Quand Bernard Shaw ironise au début du siècle: "Le christianisme, quelle belle religion! Dommage que personne n'ait vraiment essayé!" on devine sa déception devant l'hypocrisie d'une civilisation conquérante se partageant alors les empires. Jacques Gaillot m'a semblé relever d'une semblable conscience. J'avoue aussi avoir été outré par l'outrecuidance papale désavouant quelqu'un de représentatif. Baudelaire, s'adressant à Dieu, parle de cet "ardent sanglot" de la misère et de la dignité humaines "qui roule d'âge en âge et vient mourir au bord de votre éternité..." Le 23 mars Jacques Gaillot m'a fait savoir qu'il pensera à nous depuis... la Colombie. Pays où a été primée cette Messe, jolie coïncidence.

- Croyez-vous que la musique - que l'art - puisse changer les choses ?
J'ai du le croire il n'y a pas si longtemps. Il change certains individus, c'est déjà beaucoup. Que d'énergie créatrice brûlée par tout artiste pour tendre vers une beauté qui n'est autre que l'exigence d'un monde parfait. Métier symbolique donc, mais pas plus. Et puis il y a cette modestie foncière de l'artiste consistant à créer, dans le meilleur des cas, un simple moment poétique accroissant tout à coup notre sentiment d'être, tout comme on souffle sur des braises. L'artiste peut attiser la vie, certes, et une œuvre profonde peut demeurer "radioactive" pendant des siècles. Mais voilà le paradoxe : on ne peut créer sans désir de changer le monde en quelque manière, bien que le résultat ne change grand-chose ! Ou alors la culture germano-autrichienne, apogée d'une civilisation, n'aurait pas abouti à Auschwitz, ni l'Europe d'aujourd'hui permis Sarajevo ou Kigali, entre cent exemples. Peut-être faut-il chercher dans le mode de perception et d'assimilation qui règle les comportements humains. S'il s'agit seulement de distraire, où est l'art, qui perçoit et qui perce ? L'art-évasion, alors qu'il est invasion de soi. Et ce n'est pas le consensus culturel mou et distrait de nos chères villes de province qui me contredira ! Certaines, pariant sur le muscle, s'emploient déjà à tirer profit de ce terreau un peu disjoint.

- Comment définiriez-vous votre travail musical dans cette messe ?
Une première œuvre pour chœur mixte était née en 90 grâce à l'excellent travail de Patrick Belliard et d'Ars Viva d'Evreux. Cette fois-ci un chœur bulgare a choisi de mettre cette Messe à son répertoire. Disposant de ressources vocales diversifiées, eut égard à sa position entre orient et occident. J'ai utilisé plusieurs techniques : mélismatiques, polyphoniques (jusqu'à douze parties parfois), modales avec un fort penchant pour les frottements harmoniques, dodécaphonique à polarité tonale dans l'AGNUS (qui est une supplication), descriptif dans le BENEDICTUS (traité comme un réveil de la nature, un émerveillement, un peu à la manière de Jannequin). On entend même des "youyous" de deuils typiquement maghrébins dans le Crucifixus du CREDO (sorte d'utopie d'un paradis perdu ou à venir). Il y a aussi un court hommage à Stravinsky via une citation de sa "Symphonie de psaumes". Si on lit bien, une messe est une sorte de long poème constitué d'épisodes très expressifs. J'ai donc fait flèche de tout bois, si l'on ose dire en parlant de croix...Afin de relier ce concert à la ville d'Evreux et au travail de son conservatoire, et aussi pour le replacer dans un contexte international particulièrement inquiétant concernant les enfants, j'ai éprouvé le besoin d'ajouter à cette messe un appendice: une chanson de style madrigal, naïve au premier degré, intitulée (m'inspirant d'un texte de Debussy) : "Folia des enfants qui n'ont plus de maison".


MUSIQZAG
INTERVIEW au MAGAZINE MUSIQZAG
Histoire de la guitare et Pédagogie - Juin 1998

> MUSIQZAG :
- Arnaud Dumond, pouvez-vous nous présenter la guitare et vos orientations pédagogiques à son égard ?
"Qu'on le veuille ou non la guitare n'est pas un instrument comme les autres. Tout comme l'orgue, ou la harpe, l'accordéon, d'autres encore ? Son image est "typée". Elle en paye le prix : risque constant de marginalisation, aimable condescendance des "nantis de la Grande Musique" quant à ses origines et effluves "étrangères" ou plébéiennes, sauf pour ceux qui savent que le flamenco, ou d'autres lignées de notre instrument, irriguent plus d'une époque et d'une civilisation. Mais la guitare découvre aussi chaque année ses chances de progresser : instrument complet, autonome, excellant en solo, elle jouit d'une universalité alliée à tant de particularismes ! Elle profite aussi d'une "fraternité organique" avec tous les instruments de sa famille tels les nombreux luths et autres guitares historiques ou actuelles, et d'un répertoire qui plonge aussi bien dans le passé que dans l'avenir. Et des compositeurs d'envergure l'aiment enfin ! Sa richesse de timbres et de gestes musicaux est presqu'infinie. Son rôle-vedette depuis 1968 (les guitar heroes) dans les rassemblements rocks à tendance humanitaire ou protestataire, en fait probablement l'instrument emblématique de cette fin de siècle. Même si d'aucuns, par un désir forcené d'assimilation, lui font endosser frac et nœud-papillon, ce qui lui va sans plus.

Longtemps associée à la chanson, les guitaristes classiques doivent-ils en avoir honte ? Un Brel, un Brassens, un Boby Lapointe auraient-ils produit moins d'expressivité qu'un Fisher-Diskau ou qu'une Callas ? Et quel chemin parcouru en 50 ans ! Reste un répertoire absent par sa qualité et sa quantité : celui de Beethoven à Debussy, celui des "pianismes" ou du piano, le seul instrument soliste qui la précède encore - pour combien de temps ? - dans les effectifs des conservatoires.

Tout cela lui confère de grandes responsabilités et modesties : popularité auprès des jeunes, répertoires à exhumer et à construire, fidélité à tous ses métissages, l'autorité qu'elle doit encore conquérir mais irradier avec simplicité. Et savoir se tenir à sa place, sans cesser de continuer à être créative. Ceci posé, il n'est pas difficile d'imaginer la pédagogie que les meilleurs d'entre nous, souvent méconnus, adoptent depuis déjà longtemps, et dont nous voyons remonter les fruits chaque année. Comme partout on assiste à une synthèse des techniques qui deviennent aujourd'hui transnationales, même s'il existe des écoles de jeu correspondant à des visions de la musique, donc à l'emploi de telle ou telle technique pour y parvenir. La conception du son y est déterminante. Les connaissances actuelles permettent d'asseoir dés l'apprentissage un son et une attaque à la fois stable et variée. Certains "rentrent" dans le son, d'autres l'abordent plus horizontalement : chacun sa façon de vivre, en somme. Et vive les personnalités différentes, à condition de les connaître toutes!

Pour ce qui est des Ecoles de musique, la réflexion sociologique semble aujourd'hui se porter sur le plus petit dénominateur commun à tous les élèves débutants, qu'ils aient un destin professionnel ou non. Je suis quant à moi partisan d'une sorte d'alphabétisation la plus globale possible à la base : que chacun puisse lire et s'inclure dans un ensemble dés les premiers mois.

Par quelle susceptibilité mal placée qualifierait-on de démagogique ce qui n'est qu'habileté pédagogique ? Trop de rigueur tue dans l'oeuf. Il ne sera que temps ensuite de révéler la montagne à gravir à ceux pour qui l'art se transformera en affaire personnelle. Les autres n'auront du moins pas tout perdu de leur passage au conservatoire : jouir de travailler sur un projet commun, ce n'est pas peu, et cela n'arrive que bien rarement dans leur scolarité. Parallèlement je favorise une approche "séduisante" de tous les répertoires, de la Renaissance à l'avant-garde. Là encore c'est une façon de vivre l'Histoire, sans costumes mais avec les mains et l'oreille, qui n'a pas son égal ailleurs (la guitare est sans doute l’instrument occidental le plus « coloriste »). Enfin favoriser toute velléité décelée de composer : c'est LA formation musicale naturelle.

Le son, la lecture, la musique ensemble, l'Histoire, la créativité... Telles sont, comme vous me le demandiez, les directions que je m'efforce de tracer pour mes élèves, avec ce mélange de naïveté et d'entêtement propres à ceux qui ont l'audace de prétendre apprendre quelque chose à leurs semblables...


GUITARES
INTERVIEW DANS LA REVUE BELGE GUITARES - 2000
Par Fabrice Holvoët

> GUITARES :
- Quels sont les éléments qui ont décidé d'un choix pour la musique (et la guitare particulièrement) ?
Mystère ! Le hasard et la nécessité. Le hasard d’une rencontre d’un lointain cousin flamenquiste quand j’avais dix ans. Et la nécessité de « toucher » tout ce qui faisait un son résonnant (piano, harpe, etc.) ou un soupir (plus tard...). Sans doute le plaisir indéfinissable de s’immerger dans ce miroir sonore quasi utérin, ajouté à l’envie de reproduire ce que j’aimais entendre. Le hagard et la née cécité ?

- Quels ont été les personnalités (guitaristiques, musicales, artistiques, humaines...) qui ont "fait" Arnaud Dumond ?
Guitaristiques : le flamenco, des disques de Segovia et Yépes, Aranjuez... Lislevand, mon ami Roland, Hendrix, les Assad, Andia et d’autres encore. Musicales : la liste est trop longue de tous les interprètes, compositeurs ou œuvres, de Gesualdo à Beethoven, de Berio à Levinas ou Schnitke, et tant de musiques sacrées ou extra-européennes... Quant aux personnalités humaines (y-a t’il des personnalités non humaines ?) il y a Brouwer, Ponce et d’autres. J’ai le goût des gens qui ne me ressemblent pas. Et je suis un grand admirateur, de tas de gens.

- Pourquoi la guitare spécialement ?
Voir plus haut ! Jusqu’à quinze ans (disons) sait-on pourquoi l’on aime ? Puis on met toute une vie, peut-être, à comprendre. Pour paraphraser Simone de Beauvoir ; on ne nait pas musicien, on le devient... Donc je suis « tombé » sur la guitare (bien que je jouasse davantage de piano à l’époque, en mauvais improvisateur autodidacte), et disons que la guitare me l’a bien rendu, me permettant de mener à bien études, examens, concours internationaux et concerts dés tout jeune. Mais j’aurais volontiers embrassé la direction d’orchestre par exemple, nonobstant un caractère indépendant et désireux d’autonomie, que l’orchestre, avec ses éternels compromis de travail, fait payer d’une frustration permanente. Je dois ajouter que j’aime de plus en plus la guitare et ses soi-disant limites !

- Un demi-siècle qui coïncide avec le passage au millénaire, qu'est-ce que cela inspire ?
Aujourd’hui il me semble goûter, comprendre, et jouir de la musique infiniment plus qu’avant, où je ne l’aimais pas moins, certes, mais de façon plus « étroite ». Comme dans d’autres domaines, littérature, philosophie politique, relations humaines etc. Ce que me disait Brouwer quand je l’interviouvai il y a 15 ans s’éclaire : en s’élargissant la culture transcende toutes les spécialités, tout se rejoint, fait sens, se reflète d’une matière à l’autre. J’ai longtemps espéré ce moment, me voilà comblé à cet égard ! On dirait que le Temps donne en profondeur ce qu’il vous retire en longueur ...

- AD est plutôt une personnalité variée, sur le plan des répertoires notamment et, par conséquent, des langages compositionnels. Comment se passe cette multiplicité sur le plan personnel ?
En fait je n’ai jamais cherché à cultiver un style personnel, une pose, mais je désire remplir, à chaque œuvre, une sorte de "contrat expressif particulier". Qu’il soit purement musical ou davantage pédagogique. Si vous évoquez « 36 études de style » (à paraître chez Lemoine) ou « 5 hommages français » (Doberman) ce sont des pièces ciblées à connotations culturelles. Toutes mes autres oeuvres tiennent d’une synthèse personnelle.

- Comment détermines-tu les programmes de récital ?
Il y a et il y aura plusieurs périodes. En règle générale j’aime les œuvres « fortes » et qui me résistent. La répétition me déprime, littéralement. Si je rejoue des musiques c’est que je continue à les « changer » (c’est pourquoi les musiques baroques ou contemporaines m’attirent, notamment). Je sens un programme comme une succession d’états ou tous les sentiments humains ont la parole. De la tendresse à la violence. La force n’est pas affaire de bruit. Certains chuchotements peuvent vous faire trembler...
Dans un monde dont on ne peut plus ignorer le mécanisme pervers (et souvent horrible) d’exploitation des uns par les autres, régimes démocratiques compris, et dont nous sommes tous à la fois complices et victimes, j’ai cette dérisoire tendance à croire que l’art doit CONTRER la pseudo-réalité avec autre chose que des bluettes ou un agréable bavardage, fut-il brillant. Même si je reste lucide, donc modeste : « Je n’accepterais jamais d’appartenir à un club qui accepte des gens comme moi »... (Groucho Marx).
Et l'expérience TOTEM : historique, buts principaux et diffusion... La pratique électroacoustique, pour des raisons techniques évidentes, est longue à réaliser et d’une représentation autrement moins prévisible qu’on ne le croit. Elle représente 20% de mes activités depuis 15 ans. Sa diffusion reste problématique, comme tout ce qui n’est pas encore « entendu » par le public et les décideurs.

- Chez AD, pédagogie et composition sont sérieusement imbriquées. Quelques réflexions à ce sujet...
Ce sont des matières que je trouve un scandale - pire : une erreur ! - de dissocier : ce qui est « beau » et expressif est pédagogique. Ce qui ne l’est pas, ou peu, ne l’est pas, c’est tout.

- Comment concilier progrès artistique et emploi du temps pléthorique (stages, concerts et enseignement en conservatoire) ?
Vous savez dans les cantines on stipule parfois : « fromage ou dessert ». Psychologiquement je suis du genre « fromage ET dessert » (est-ce le signe des gémeaux qui m’a conféré ce penchant coupable, je ne sais !). Ce n’est pas un besoin de quantité, mais de diversité. Parce que je ne dissocie pas toutes ces activités. Ce sont des vases communicants. Le seul ennemi c’est l’ennui, le seul trésor c’est l’appétit. Je forme le vœu qu’il dure toujours, et pour tous !

- Quelques réflexions sur l'année Bach ?
Je crois n’avoir jamais donné de concerts sans jouer du Bach. (hormis une demande précise). Donc l’année Bach c’est pour moi chaque année ! Bach en deux mots ? Ne jouer que ce qui est vraiment essentiel de lui (cad tant de pièces !), laisser celles moins intéressantes ou que l’on n’habite pas encore, se souvenir que c’était un HOMME (certes d’un métier diabolique et d’une imagination angélique !), et non une machine, ne pas confondre raideur et rigueur, et informer les jeunes générations que Bach n’a jamais écrit d’études ! (comme on peut l’entendre parfois !). Bref une relecture permanente, infinie. Surtout à la lumière des nouvelles visions baroques (Biljsma au cello, Lislevand, Bismuth au violon, les jeunes orchestres italiens etc.)

- Qu'est-ce qui fait courir AD ?
La curiosité pour ce qui pourrait contribuer à vivre ou comprendre plus pleinement ce qui arrive au monde et à moi-même. Ajoutez une pincée d’angoisse existentielle (à jeun). Mais aussi le plaisir. Quelque chose aux aguets entre la surface et le profond. (gémeaux ascendant dauphin, disons...). Connaissez-vous cette phrase de Hoffmansthal : « Où cacher le mieux ce qui est profond ? A la surface... »

- Quels sont les projets qui te préoccuperont dans les mois (les années prochaines) ?
En composition, après une Messe pour chœur et mon Concerto avec orchestre, j’ai plusieurs commandes qui me tiennent à cœur : un Requiem, d’autres concerti ... En guitare, à part les tournées, terminer la mise en boite de mes pièces autour de la guitare (3 Cds solo, 1 CD avec ensembles, 1 CD ensembles de guitares) et puis passer à autre chose : des projets de disques monothématiques (Bach, Dowland, Mertz, par exemple) mais surtout pas cette manie contemporaine des intégrales, si pratique pour les bacs des distributeurs monopolistes, mais si dommageable pour la VRAIE musique, cad celle qui est essentielle à chaque interprète. Il ne vous aura point échappé que les producteurs qui aiment vraiment les musiciens et non la quantité, se font de plus en plus rares...
Alors finissons par un appel : guitaristes de tous les pays jouez et enregistrez ce dont vous sentez vraiment le besoin en vous. Car le reste ira rejoindre le fleuve sans fin des disques ou des concerts qu’on n’écoute qu’une fois, au mieux. (Et croyez bien que je ne m’exclue pas moi-même de cette invocation !). Amen.


LES CAHIERS DE LA GUITARE
Rencontre avec Arnaud Dumond - 1992

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FRENCH GUITARE
Paris - 1997

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GUITARES.CH
Suisse - 1999

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GUITARES ET CLAVIERS
Un classique du genre - 1985

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GUITAR INTERNATIONAL
Angleterre, France's stylish inovator - 1987

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GUITARE CLASSIQUE
En toute liberté, Paris - 2000

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PARIS NORMANDIE
2006

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FRANCE CATHOLIQUE
À propos du REQUIEM de la NATIVITÉ - juin 2012

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Retrouvez dans la rubrique Disques/interviews :

> - 10 heures d'interviews sur Radio France
> - Un entretien sur Radio Lille


AUTOUR DE LA GUITARE : A l'ombre d'une guitare en fleur
dans un livre illustré par Lamouche comprenant des textes de guitaristes de tous styles : Cabrel, Le Forestier, Kajdan, Romane, Duteil... (éditions Déclic)

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