Partitions d'Arnaud Dumond - Solos de concert - suite


Deux préludes :
- Se souvenir des belles roses
- Mélodie qu'elle sonne

Un silence d'oiseaux
EFFECTIF : guitare seule, 1985.
DUREE : 11’
DIFFICULTE : 4 (de 1 à 5)
EDITION : ADN
ENREGISTREMENT CD : Oeuvres AD vol.1 - catégorie Solo
PRESENTATION : Tristan et Iseult, Pelleas et Mélisande, Roméo et Juliette... Songeons à l'instant du premier baiser, de la première étreinte: à chaque fois la forêt n'est pas loin. Inquiétante et fabuleuse, la forêt est là comme une mer: masse bruissante et odorante, claire et obscure, avec ses lois étranges, et où ruissellent la lumière et les rumeurs d'une formidable cathédrale. Les deux amants s'y sont donc réfugiés, à l’instinct. Parce que la forêt est le lieu de la naissance du monde, et que cet amour qui les éblouit sera, préssentent-ils, leur seconde naissance. A leurs yeux cette nouvelle aurore justifie d'avance toutes les tragédies qui ne manqueront pas de s'en suivre. Les voici donc, après avoir tant langui, à deux doigts de se toucher...enfin! Cherchant à décrire le cristal de cet instant sacré, comme suspendu, de cette chute imminente de deux êtres l'un vers l'autre, l'auteur a imaginé que le conteur d’une telle histoire eût pu, dans une sorte de français archaïque, l'exprimer ainsi: 'l'un vers l'autre ils fixèrent leurs yeux, inclinèrent leurs visages et dans l'antique forêt se fit soudain un silence d'oiseaux...' Comme si les artistes de la nature, émus par tant de grâce, et conscients de ce moment unique, leur faisaient à leur tour escorte de silence. C'est dire que 'Un silence d'oiseaux' est autant une histoire d'ailes qu'une histoire d'elle... La musique se compose de deux parties enchaînées: 'Appels' et 'Courses'. Dans 'Appels' sont incluses de brèves citations de compositeurs ayant accueilli des oiseaux sur les branches de leur portées. Par ordre d'apparition: Villa-Lobos, Stravinsky, Vivaldi, Daquin, Ravel. Cette partie, pleine d'envolées et de bouffées lyriques, débute par une séquence 'd'horlogerie fine' s'inscrivant dans un genre littéraire ou musical que l'on appelle 'le merveilleux'. 'Courses' reprend plusieurs thèmes de 'Appels', en une sorte de toccata vrombissante sur le mode de mi. C'est vers la fin qu'intervient le 'silence d'oiseaux', mentionné par le titre, sorte d'appel répété qui n'est pas du silence, mais qui l'évoque... Moment suspendu où l'interprète, l'auditeur et...l'oiseau, reprennent souffle dans la poésie du silence vibratoire.

Sol à seul
EFFECTIF : guitare seule (+ voix de l’instrumentiste), ou guitare + dispositif électroacoustique. Existe en différentes versions : 'Seul' ou 'Sol à Seul' est la première version (1995) - 'Solo' est une version électroacoustique (guitare MIDI) - 'Soleils' est la dernière version (2002) avec emploi de la voix de l’instrumentiste lui-même.
DUREE : 7’
DIFFICULTE : 4 (de 1 à 5)
EDITION : ADN, 1995-2002
ENREGISTREMENT CD : Oeuvres AD vol.1 (version électroacoustique), Leçons de Ténèbres (version acoustique avec voix) - cat Solo --- Totem (version électroacoustique) - cat duos --- 'Derviche tourneur le retour' est la version du CD « Hommage à Marcel Dadi », chez Déclic Communication, également électroacoustique - cat par/+ autres guitaristes.
RECOMPENSE : PRIX oeuvre troisième nommée au Grand Concours Lycéen 2000 (compositeurs nés après 1945) organisé par le Magazine La Lettre de la Musique
PRESENTATION : ...Le paradoxe, la contradiction, DUMOND ne cherche pas à les estomper. Il les revendique, les monte en épingle; il percute les deux mondes sonores pour qu'aucun ne meure. C'est ainsi qu'il nous emmène au coeur du drame qui se joue ici et maintenant: la fin d'un monde, le nôtre. Michel THION (extrait de la Préface du CD Leçons de Ténèbres)
'J’ai voulu composer ici une pièce extrêmement mobile dans le détail mais dont la trajectoire a quelque chose de l'immobilité dun rêve (ou d'un cauchemar technique !). La réalisation très virtuose par l’instrumentiste aboutit peu à peu à une sorte « d’apnée digitale », tant il y a de mouvements à la seconde. La pièce se termine dans une atmosphère apaisée, renforcé par un murmure de voix à la façon tibétaine. AD
Pour l'HOMMAGE à DADI je suis parti du Sol initial (Sol 3) qui subsiste après l'exposition du thème de Dadi (Le derviche tourneur) afin de le charger progressivement avec d'autres notes de plus en plu écartées : le Sol comme note pivot autour duquel va tourner (comme le derviche éponyme), vibrilloner une galaxie de sons, elle-même en croissance et décroissance sous le mode dramatique. Exposé au début, puis repris allusivement à la fin, le thème de Dadi va donc être le point de départ d'une sorte d'expansion fantasmatique et centrifuge, qui en conserve non pas l'idée mélodique, mais l'idée énérgétique. Laissant aux autres artistes de ce disque le soin et le talent de proposer arrangements et variations personnelles sur les mélodies toujours élégantes et stylées de Marcel Dadi, je me suis attaché quand à moi à prolonger d'avantage l'esprit que la lettre à partir d'un de ses thèmes les plus célèbres. AD

Christmas music
EFFECTIF : guitare seule, 2000, commande de Stephen Robinson (USA).
DUREE : 5’
DIFFICULTE : 3 (de 1 à 5)
EDITION : ADN
PRESENTATION : Pour moi, comme je crois pour tant d'autres, Noël constitue un sentiment ambivalent de l'enfance : non parce que c'était la fête rituelle de la naissance du Christ (un enfant en a une approche plutôt abstraite), mais parce que, grâce à la crèche dans la cheminée, que l'on dressait comme on eût fait d'une armée de soldats de plomb, c'était un moment de plaisir pur et sacré, comme tous les vrais jeux d'enfants. Et puis ce moment où il était enfin permis à nos yeux, encore gonflés de sommeil et de rêves, de le sapin décoré au pied duquel miroitait une mer de cadeaux : un moment d'éblouissante magie où l'amour des parents était enfin palpable. Un avant-goût du paradis ? Mais derrière toute fête il y a aussi ce 'parfum de tristesse que même sans regret et sans déboires laisse la cueillaison d'un rêve au cœur qui l'a cueilli...' (Stéphane Mallarmé). Ajouté à la conscience instinctive de l'enfant que d'autres enfants en sont privés, eux, quelque part dans le vaste monde... Ainsi ai-je varié ce thème afin que plusieurs atmosphères s'y expriment tour à tour. Je dois ajouter que j'ai écrit cette petite pièce pendant que mon père s'éteignait lentement d'une maladie de cœur, et que son prénom était Noël. L'association phonétique de Stephen (Robinson) et de seven m'ont engagé à produire sept (seven) de ces variations, d'où le sous-titre 'Seven for Stephen' ! Enfin je n'ai pas écarté la réminiscence d'une citation d'une sonate de Mozart, parce qu'il représente assurément l'artiste parvenu au plus haut stade de l'humanité : celle de l'enfance reconquise.